Cet été, aurait dû être celui des festivals, puis d’une échappée. J’aurais dû être en ce moment dans un train, quelque part entre l’Allemagne, où quelque chose d’irrésistible m’appelait, et l’Italie, sur les traces de mon grand-père. J’aurais dû retrouver ces yeux qui ont bercé de forts adieux en Thaïlande. J’aurais dû voir pour la première fois le village d’où je viens. Je partais seule pour un périple de plusieurs semaines sur les routes, loin, à ma rencontre, et dans l’espoir de rencontres… 

En vérité, l’été fut différent pour chacun d’entre nous. 

C’était le plus triste que je n’ai jamais vécu, et pourtant le plus enrichissant. 

A Marseille, tous les trois face à la mer, on formait une jolie petite famille.
Se baigner entre les rochers, sur les vagues agitées. Boire, trop, sur le Vieux-Port. Flâner dans les rues du Panier. Mettre tout un tas de cierges dans les églises. Surplomber le monde à l’avant du bateau. S’effondrer, agripper un bras, se relever. Parler, parler, parler. Je crois que cet été, j’ai compris qu’il n’y avait aucune problématique qui ne pouvait se résoudre par quelques bières et de très longues discussions… 

Cet été, j’ai dû vivre recluse à Bordeaux, avec l’homme qui partageait autrefois mon intimité sous un fin plancher. J’ai assisté impuissante à ses intimités, à son été à lui, si différent du mien. J’ai appris à aimer à nouveau les matins où le lit est vide d’un torse chaud. Je me suis souvent demandé comment l’on pouvait en arriver là. On dit souvent que de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas. Après m’avoir fait monter et descendre dans les étages et dans mes émotions, ne reste de lui que la froideur et la fuite de nos regards au détour de quelques marches. 

Cet été, après être rentrée, je me suis avouée en larmes à quel point j’avais peur. La déterminée, l’engagée, était partie en fumée avec tout le reste. C’était brutal, et paradoxalement salvateur.

Cet été, c’est quand même l’été des petits riens qui font tout. 

C’est cet instant suspendu dans le jardin. Cette amie qui me dit, viens, viens, je t’écouterais, et qui m’écoute alors déverser ma colère et mes peurs. C’est cet ami qui part en escapade photographique londonienne, et dont le visage radieux s’illumine sur les clichés qu’il nous fait parvenir. C’est la perspective d’itinéraires à vélo futurs, quelques cafés frappés en terrasses, des projets, des idées, des envolées à s’en déchirer les poumons au crépuscule…

Cet été, j’ai appris à m’ouvrir à l’éphémère, à m’ouvrir à l’autre. Les yeux fermés, il est venu pour que je m’échappe enfin, que je m’évade. L’été a pris des saveurs de pastèque fraîche, de peaux nues sous la fine pluie d’un balcon. D’un vélo rouge à quelques chemises non repassées, de tomates mûres à des caresses à n’en plus finir. Les adieux se rapprochent, mais ce dont je me souviendrais, c’est que la sérénité sur son épaule est revenue.

Cet été, en ne voyageant pas à l’autre bout du monde j’ai découvert où étaient mes envies en ce monde. J’ai manqué de transmission et d’expression dans ma carrière. Je vibre de découvertes, d’aventures, de sport. Je ne me sens jamais aussi bien que lorsque je pars, et lorsque j’écris. J’ai besoin de sens, d’authenticité, de changer les consciences, de raconter. J’ai envie de m’engager pour les autres. J’ai envie de construire des projet qui comptent. C’est vrai, et c’est vers cela que désormais j’irai.

En ne voyageant pas à l’autre bout du monde, j’ai appris à voyager au coin de ma rue, et vraiment, c’était chouette. Il faudra vraiment que l’on s’en parle !

Cet été, j’ai compris que plus jamais je ne serais la même personne.

Qu’il n’y avait rien de grave à ça.

Surtout, j’ai compris que je ne savais absolument pas où j’allais. Mais que j’y allais.

Et que l’avenir sera radieux.

à vite, hâte vous partager cette suite avec vous…

1 Comment

  • tania
    Posted 30 août 2020

    un été inattendu pr bcp
    2021 sera différent j l espère fortement

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